Come out Baby!




Dali

Out, exit, realises ! Come out baby, come, come, come, comédie. Comme un étron. Selle mal sanglée encore. Cordon ensanglanté gisant sur l'ombilic. Côme extrait d'un lac d'amnios. Coming out of la matrice ! Up and coming !

Sortie. 

JE SUIS.

La moire de mes souvenirs ondule. Mais. Moire. Noir ! À l'orée de mon premier émoi, le temps a effilé la soie de ma popeline. Le cocon s'est dissous dans les limbes de mon cerveau. 

Ne me souviens de rien. 

Il y aurait eu ce long tunnel et puis cette lumière assourdissante. Il y aurait eu ce brusque raz de vie qui de ses flots aveugle. Il y aurait eu ce premier cri d'un Munch qu'auraient des langues de sang léchant un fjord aussi glacé qu'un trou. Il y aurait eu des pleurs, des bras, des baisers, de l'amour. Il y aurait eu la mamelle, la rassurance et puis enfin l'accoutumance. 

Ne me souviens de rien. 

A présent, la mer est à mes pieds. Toujours je l'ai observée depuis son ourlet d'écume. Rarement je me suis laissée bercer par elle sur des coques voilées. Constance, je l'appelle. Constance la mer. Partir revenir c'est tout ce qu'elle sait faire avec parfois quelques convulsions entre vivo et morto. Je la scrute. Elle respire. Inspiration, expiration, lentement. Son gros ventre à l'horizon se gonfle et se vide comme les joues d'un Chet Baker qui trompette entre staccato et legato. Parfois même elle se prend pour un peintre. Le rythme, elle sait le battre aussi entre ombres et lumières. Elle n'est pas seule à tenir le pinceau. Ils sont trois à l'avoir enfantée. Ils veillent. Suffit que terre lune et soleil partouzent régulièrement et voilà qu'une eau vit.
 
Qu'une eau vive... vive comme moi quand je la regarde. A-t-on choisi d'être nous deux?

Ne me souviens plus.

Come out Baby et va marcher sur l'eau. Au loin, il y a une lumière qui…

© CD, 2015


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