20 déc. 2011

Coïtude






J’ai dans la queue des pourquoi qui anguillent
Dans l’air
De longs tétards qui saignent des larmes de vase
Amère
J’ai l’étant qui s’ensperme et le coït
qui doute
Ma terre a la chair  faible l’homme a bouffé
Sa croute

 A quoi bon des semailles
Qui germeront sous verre
Atrophiées des entrailles
Prisonnières sous la serre

Je veux jouir sans semence dans des calices
Stériles
Aimer sans rejetons jeter ma gourme
Aux arbres
Fertiliser les champs de mes poussières
D’argile
Semer mon ADN  loin des sanctuaires
De marbre

 La  bourse reine mitraille
De grenades numéraires
La vie qui s’encobaye
des petits d’homme de terre

 ça bouscule mes reins sur des riens de
demain
Niquer tous les banksters en leur laissant
la dette
faire l’amour à ma femme en partageant
le gain
de l’unique plaisir qu’aucune carte
n’achète

J’ai dans la queue des pourquoi qui se cognent
J’aère
De longs tétards qui saignent des larmes de vase
Amère
J’ai l’étant qui s’ensperme et le coït
qui doute
Ma terre a la chair  faible l’homme a bouffé
Sa croûte


* To "No Luxe"  (Bordeaux)


10 commentaires:

Anonyme a dit…

Fabuleux !!!

Anonyme a dit…

Du Baudelaire.

Cécile Delalandre a dit…

Merci *_*

Ariane a dit…

C'est plus proche d'Apollinaire ou de Pierre Louys que de Baudelaire...
On est heurté, puis séduit, envouté et ça c'est tout l'art de Cécile !

Cécile Delalandre a dit…

Merci beaucoup Ariane...
qu'on me rapproche de ces auteurs est très flatteur et je prends sans vergogne, mais je crois surtout que ces vers là grouillent d'abord en moi...

Anonyme a dit…

Si j'ai d'emblée pensé à Baudelaire - un cri du coeur - ou d'ignorance - en somme, c'est à cause que j'ai toujours eu des soucis de ponctualité et d'horloge... Un "symptôme" dirait les malins ?

"Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide."

Non, au fond, le petit plus, en plus, chez Cécile Bis, c'est son irrésistible humour. Car je ne me souviens pas que Charles fut ni aussi drôle ni !
Sonia Winterfeld...

Convoi des plumes a dit…

Aussi sérieux que drôle et impertinent ! C'est fortiche !

Cécile Delalandre a dit…

j'ai écrit ce texte pendant que des musiciens répétaient devant moi... c'est leur musique et la voix belle et rocailleuse, un peu désespérée du chanteur qui me l'ont inspiré... Baudelaire, Apollinaire et les autres étaient sans doute là cachés sous la "confiture verte" mais je ne pensais pas vraiment à eux... peut-être davantage à Bashung ou à Hubert Felix Thiéphaine...
Merci beaucoup à Sonia et Convoi des plumes ! *_*

Anonyme a dit…

Je connais la chanson ... ah ah ah. Bravo encore en tonnes d' applaudissements . Denis

Cécile Delalandre a dit…

et moi j'espère la découvrir bientôt ! merci Denis *_*