20 déc. 2011

Un jour de Lui



 Ce soir, la lune a pris ses RTT, c’est la Vénus qui bosse. J’en ai profité pour grimper sur les toits et m’asseoir sur le rebord d’une cheminée. Bien calée sur sa brique, mon cœur a  la trique. L'automne, la nuit et lui, j’exulte.

En bas, la ville, le monde, en haut, Vénus et moi. Quoi de mieux que le toit pour mieux jouir de lui. Mon Aphrodite est pleine, je ne sais plus où verser.
  
L’ardoise des toitures bleuit mes yeux et le vent sec flagelle voluptueusement ma peau qui goutte de lui. Vénus me jalouse et s’amuse à en laper le suc, mais mon antre est si gonflée de lui que ça ne suffit pas à en vider le miel.

Il est mon Krypton, mon chaos précieux, que je cache en secret sous mon air de rien, mon Saigneur de mots qu'aucun verbe n'apaise quand en silence je crie.

Pourtant, j’ai dans la tête un ciel bien plus fou que la Forca del destino dans la voix d'une Callas.  j’y ai brassé  tant de caresses rêvées, de baisers enflammés, d’extases communiées, de mots tus dans le dit, de lui sur moi dedans qu’il me faut en déchirer l’hymen pour qu’enfin mon cri de lui jaillisse.

En bas les réverbères geignent en versant de banales lueurs. La mienne est un soleil  qui  brille sur un songe si vibrant qu'il hausse de mille spasmes la palette de mon présent. Il faut bien qu'il la voie puisqu’elle luit tant de lui. 

Alors je m'allonge et sur le toit du monde, Vénus, ma sœur câline dessine sur ma fièvre  le visage d’une proue.

Et sur la ville enfin, où peut-être il sommeille, ma vague peut cracher dans un râle de marée, mon amour tout à lui à jamais dévoilé. 

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