La Maison Rouge




Il est des griffes de plumes qui m'entaillent tant le ventre qu'elles caressent mes tripes impudiques à chacune de leur phrase,  comme par exemple, cette "Maison rouge" ou le carnet de bord d'un roman en cours d'écriture que nous dévoile en catimini Cécile Fargue sur son blog.

"L'esprit humain a ceci de merveilleux que ses entraves ne sont toujours que passagères, malléables au gré des siècles et des volontés. Il peut donc courir se perdre, ou se trouver, dans n'importe quelles ornières, n'importe quels charniers. C'est pour abriter cette course folle, que rien ne protège de l'oubli, que cette Maison Rouge s'est mise à pousser comme un champignon dans mon esprit.

Cette Maison , je suis en train de la construire, quelques mots, quelques textes qui peu à peu vont lui donner vie et lui permettrent d'accueillir les pensées troubles dont je la nourris.

Mais que fait on, au juste, derrières ces murs?... On y jouit. On y saccage, on y démoralise... et on y aime. On y aime la vie comme la mort, la chair adorée comme tuméfiée, le beau comme le laid... On y traque son haut le coeur, en y plongeant à deux mains...

On y est deux aussi : Victoire et Monsieur C. Et on y est multiple, puisqu'on y accueille nombre de pensionnaires... "

Se faire Déesse ou Diablesse,
ouvrir en grand le portail d'une Maison rouge,
rouge comme un sens qui n'aurait plus de veine,
vaines pièces où l'on pourrait se perdre tant le sang qui y coule brouillerait les repères,
et puis se faire Isis et enfanter des présents à des passés de
corps-poupées de cire qui deviendraient des dames,
des dames errantes sous des voiles fluides et transparents,
et claquant aux vents multiples sur les trois mats d'une Victoire unique,
verser dans leur esprit des carnes de vies chaudes, froides ou tièdes,
et puis s'adjoindre un compagnon à l'être Majuscule, 
enfin, articuler ses pages dans le labyrinthe de son esprit à elle,
qui serait comme...
une Maison rouge.

S’octroyer finalement la jouissance extrême du mot retrouvé, comme un don magnifique à la lectrice envoutée que je suis déjà à la "goutance" des trois premiers chapitres de cette "Maison Rouge" de Cécile Fargue, que je vous invite à aller découvrir.

"Le jour où le web s’arrêtera" par Sylvain Souklaye



"Le jour où le web s’arrêtera, j’aurai une telle gueule de bois que je ne suis pas persuadé de m’en rendre compte. La drogue est bonne conseillère et l’illusion en pixel est mieux faite que la banale réalité. Chez nous, les animaux marchant fièrement sur leurs pattes arrières, les habitudes ont la vie dure et vivre dans le déni, c’est apparemment une forme de caractère dans notre monde. Nous, nous sommes le peuple de toutes les dépendances, de tous les liens, familles, amis, camarades, concitoyens, société, humanité, mais nous sommes surtout les concepteurs et consommateurs des placebos garantissant le vivre ensemble à la chaîne, que ce soit une carte postale, une guerre de voisinage, des noces d’argent, une catastrophe naturelle ou le réseau mondial des flux...."

Poupie Limpopo (conte pour enfant)



  Mark Ryden

Info:
La première aventure de Poupie Limpopo, (Conte pour enfant) est terminée. Une autre se prépare, mais pour l'heure elle se repose et attend un illustrateur... *_*

Jeanne, goulûment

"Femme-chat allongée au porte-cigarette"

On ne pouvait rêver plus joli décor, à part peut-être une étendue de neige et de pins blancs, et Jeanne savourait goulûment ces instants. Elle en salivait presque, tant son appétit était grand. Consciente de ces moments de paix, elle prenait garde de ne pas se laisser vaincre par le sommeil.

Une heure avant, il avait déjà tenté de la happer, mais le soleil, tel un chevalier, l'avait terrassé de sa botte secrète, caché dans deux rayons bien placés. Jeanne, reconnaissante, avait doté cet astre de feu, d'une caresse furtive à travers sa chevelure fauve. Maintenant, elle sentait si fort le long de ses cuisses l'amour embrasé de cet amant céleste, que sa peau troublée, en rougissait progressivement.

Doucement, Théodore, son chat noir, se mit à bailler et, tout en s'étirant, lui dit :
- Jeanne! je crois qu'on a sonné!

Jeanne posa alors le verre de lait fraise qu'elle venait de lapper et tourna son visage vers le soyeux félin.

- Mais Théodore, dit-elle, tu sais très bien que nous n'avons ni téléphone, ni sonnette à la porte d'entrée!

- Je sais, Jeanne, mais je t'assure qu'on a sonné... j'en mettrais ma patte dans un piège à gibier!

- je te crois Théodore, mais dans ce cas, d'où cela peut-il venir?.... c'est étrange, je...

Avant qu'elle ait pu achever sa phrase, la sonnerie tinta de nouveau, et cette fois-ci, tous les deux entendirent.

Ils étaient bien obligés de constater qu'elle venait de nullepart, si ce n'était de partout, c'est-à-dire qu'il leur était impossible d'en situer la source.

Intriguée, agacée aussi, Jeanne, sans volonté vraiment, donna une légère impulsion à ce corps brun et souple et se retrouva verticale et belle sur la terrasse blanche de sa maison de pierre. Théodore avait aussi daigné se lever, et maintenant, immobiles tous les deux, ils attendaient la prochaine sonnerie. Mais elle ne vint pas.

Alors Jeanne saisit son paquet de cigarette et décida de se perdre dans le brouillard de la fumée, afin de griller cette attente imprévue.

Au bout de quelques bouffées, elle sentit comme une douce piqûre sur son sein gauche. Elle y vit un cordon jaune relié au soleil sur lequel courait une portée de notes qui résonnaient comme une communication câline. Elle décrocha ce fil attaché à son coeur et le fixa au sol, sur les branches complices d'un acacia coquin. Puis, elle s'allongea, et ensemble, ils parlèrent jusqu'au crépuscule...

Après, ils se couchèrent, tandis que Théodore, lui, se leva pour aller décrocher la lune.

Un jour de truite saumonée en papillotte





C’est arrivé un Mardemanche, jour de la truite saumonée en papillote. C’est là que j’ai pris la résolution, une résolution qui s’avéra du même coup la solution.

Ce sont les bulbilles de l’ail que j’avais parsemées sur ma truite saumonée avant de l’envelopper dans une feuille d’aluminium fraîchement cueillie, qui éveillèrent les papilles de ma conscience jusqu’alors zombie. D’abord elles pétillèrent, puis d’un coup, d’un seul, vinrent heurter mon point aveugle, piquant au vif ma rétine endormie, d’un jet froid et sulfureux d’allicine.

Au début, accroupie devant mon four, entre aluminium et allicine, je crus à une hallucination. Assise ainsi sur mon séant, je me dis qu’il n’était pas séant que je demeure dans cette position pour mesurer en toute dignité cette séance tenante et troublante. Je me redressais donc et demeurais droite et statique comme une apnée. Après quelques minutes d’immersion libre dans le néant, je rejoignais la surface et courais irrésistiblement vers la fenêtre pour l’ouvrir. Je ne compris pas sur le moment cet irrépressible élan dominant ma volonté comme d'un coup de corne.

D'abord un souffle d’air aux joues repues de chlorophylle et de dioxyde de carbone vint frôler les miennes. Puis, de cette lucarne grande ouverte, surgirent en vrac, des arbres grimaçant, secs et désolés, des rues saturées d’ordures et de klaxons atones, des vitrines bouffies de besoins alanguis, des trottoirs encrottés de piétons pressés, des églises grises d’un vin de messe bouchonné, enfin, quand même au loin, un chien noir qui souriait. J’avais oublié! Oublié comme c‘était bon, si bon la vie dehors, même pas belle. C’était donc ça le clin d’œil odoriférant de l’ail! Ça, que ses caieux malins avaient voulu me dire! Ça, ma révélation!

Sur le champ, ou plutôt sur le rebord de mon bureau, je me suis jetée et me suis déclaviérisée tout net. Mes doigts encore aillés me remercièrent de les avoir libérés de cet écrin de lettres. Mais ils n’étaient pas sûrs encore. Il leur fallait un seing, la garantie qu’il n’y aurait pas récidive. Esclaves muets de mon addiction au piano de mes mots, ils m’avouèrent ne plus supporter l’azerty qui ne leur ouvrait qu’une window de life restreinte à l’abscisse d’un horizon flouté.

J’eus pitié d’eux. De moi aussi. Je la pris, oui, cette résolution, celle de ne plus passer des journées entières à languir dans les arbres hologrammes des forêts virtuelles.

J’ai signé donc. Devant eux, avec eux. C’est récent, on verra bien. Demain, j’ai décidé d’aller boire un verre à la terrasse d’un café, même s’il pleut. Ça me fait drôle. Il y a si longtemps. J’ai un peu peur.

Quand même, je n’en reviens toujours pas du pouvoir de l’ail, pourtant, un jour, me semble qu'un sorcier m’a dit….

Colombe



Colombe parfois aimerait être un pigeon des villes. Un gros pigeon avec un ventre de plume bien dodu. Colombe se voit bien en éboueuse urbaine. Becqueter le déchet humain, se faire commensale sous les bancs publics et les mains  des mamies rabougries. Roucouler en duo  dans les halls de gare, et voir de là-haut  les trains dévorer goulûment la chair humaine. Puis redescendre à l'aube pour  harceler des pas qui égrennent des miettes. N'avoir pour unique volition que de chercher pitance et la trouver sans peine. Pondre sur des balcons et déposer ses fientes au hasard du besoin puis chier sans vergogne sur des piétons qui pensent.

Vivre une vie de pécore qui picore, c'est ça qui serait bien.

Argent.



"Phare d'Eddystone"
(lavis encre brune et plume)
Victor Hugo


Albert Camus:
"Je suis certain qu'on ne peut être heureux sans argent. Voilà tout. Je n'aime ni la facilité ni le romantisme. J'aime à me rendre compte. Eh bien, j'ai remarqué que chez certains êtres d'élite il y a une sorte de snobisme spirituel à croire que l'argent n'est pas nécessaire au bonheur. C'est bête, c'est faux, et dans une certaine mesure, c'est lâche"
"La mort heureuse"


PS. "Il y a tellement de choses plus importantes dans la vie que l'argent, mais il faut tellement d'argent pour les acquérir."
Groucho Marx

Mon Imago



Magritte


Mon Imago encore
A les ailes atrophiées
Par une Mandragore
Aux corolles bleutées.

L’herbacée a poussé
Dans ma coupole de soie
Où des vers comme étaies
Supportent mes émois.

La plante dans ma larve
A dessiné Psyché
Et j’y ai fait un Hâvre
Du haut de mon rocher

Mon Imago toujours
S’y repaît de sa sève
Qui court comme Pandour
Que chaque mot soulève.

Je le confiteor
Levant mon verre à soi
Mon imago se meurt
Parfois sur mes effrois.

N'ai-je?





N'ai-je ?
N'ai-je donc tant vécu que pour fouler ma neige,
Masque blanc exfoliant la chair de ma terre brune?
N'ai-je donc tant vécu que pour  jouer l'arpège,
ce long accord qui tarde à tinter sous ma hune?


N'ai-je?
N'ai-je donc tant vécu figée dans ton doux piège
comme une souvenance gelant tous mes étés?
N'ai-je donc tant vécu que pour te prendre pour pleige
toi Neige qui nourrit si bien ma cécité?


Neige?
Te fondre désormais au culot de mon siège
et t'y laisser liquide comme une consonance
juste assez pour mouiller, irriguer mes solfèges
sans plus jamais glacer mes choeurs dans une errance.


Dépeçage





… entre peu sage

et dépeçage
j'antropophage
Mes secondes
puis les vomies, les chies
comme des étrons superbes
Qu’auraient l’air
De truffes savoureuses
Au chocolat
là, là, là, partout et là, encore
 …. lasse.


Le Canard de Rouen



« A la Normandie, si riche en tant de choses, appartient le plus délicat, le plus fin, le plus gras, le plus savoureux, le plus opulent, le plus estimé de tous les canards de France et de Navarre. La merveille de la broche et la volupté de la table, c'est le canard de Normandie. C'est à croire que les navets ne poussent que pour lui faire cortège et que la douce Provence se pare d'oliviers pour lui faire honneur. Ses aiguillettes roses, que le citron relève, sont exquises, et ses cuisses, un peu grasses, triomphent dans ces daubes odorantes qu'adorait le vieux Corneille.  


....Le premier de tous les canards de Normandie : fine chair, fine graisse et fine fleur, c'est le canard de Rouen. Il est de noble origine, issu en ligne directe du canard sauvage dont il a gardé le plumage superbe et le fumet original. On dirait qu'il porte son extrait de naissance sous son aile. Un jour de jeûne, il s'est laissé séduire par les charmes de l'auge et l'attrait du grain. Le voilà conquis à la civilisation et à la casserole. C'est le mieux vêtu de nos canards : bec jaune taché de noir, couleurs vives et tendres, capuchon d'un vert charmant aux reflets veloutés, poitrine marron et collier blanc ; ventre gris-perle, ailes cendrées que terminent de beaux miroirs à reflets verts et bleus, rehaussés d'un liseré blanc. La robe est fort jolie, mais c'est particulièrement le dessous qui nous intéresse : la plume s'envole, la chair reste, et la fourchette a des plaisirs aussi sacrés que le regard. Quelque admirable profusion de teintes et de nuances artistement combinées que présente son plumage, la plus belle couleur d'un canard de Rouen est la robe d'or qu'il emprunte à la flamme des cuisines. »



Jean-Camille Fulbert-Dumonteil 
(Ecrivain et magnifique chroniqueur gastronomique de la Belle Époque originaire du Périgord)


*A ne pas confondre avec les "Conards de Rouen " qui durent en leur temps, toutefois, se repaître à loisir de ce canard de Rouen ...





Journal du penchant des roseaux  

As time goes by...

C'est un mercremanche, jour de pot au feu, que j'ai pris ma décision. Longtemps je l'avais gravée sur ma pierre, mais longtemps, je ne l'avais pas décidé. C'est le fumet des carottes et du poireau qui a sans doute poussé l'escampolette à l'extérieur de moi. Ces fumeuses odorantes volutes se sont glissées en douce de mes narines à mes esgourdes, et sont venues tacler mon humeur de ce gras matin de mercremanche. j'ai entendu : Pars! Je suis partie, donc.


J'ai pris mon short, mon calame, un tonneau de vin et une casquette de capitaine. Sur le quai de mes brumes, j'ai acheté un bateau, hissé ses voiles, chatouillé sa brigantine, escaladé le mat de misaine, mais rien, rien n'a même gigoté sous la houle. L'embarcation ne bougeait pas d'une vague. Peine perdue en effet, on ne m'avait pas spécifié qu'il s'agissait d'un navire à air comprimé. Je dus donc louer les services d'une centaine d'accordéonistes pour faire le plein d'air.


Heureuse, je quittais enfin le port, laissant sans regret derrière moi, le pot au feu qui s'en réjouit, car il aimait le feu... mais ça, je le sus bien plus tard.


J'ai vogué pendant des lunes et des lunes, laissant l'air se décomprimer librement. Mais les poings du ciel, rouges comme un babybel, poussaient, je le sentais bien, ma coquille de moi vers un unique point que je ne parvenais pas encore à définir. Bientôt, des côtes lardées de terre m'apparurent et je reconnus, à ma grande joie, Casablanca la brune. Je freinais de justesse et tricotais tant bien que mal un créneau pour caler mon engin.

Puis je sautais, allègre sur le quai, et enroulais mon bout de cordage autour de la bite d'amarrage qui frémit sous la corde. J'aperçus à deux pas, le Rick's café. C'était là, là, que mon matin de mercremanche m'avait guidé. J'entrais. J'y bus un whisky, non, trois, oui, trois, parce que l'air que jouait et fredonnait ce type bancal sur un vieux piano droit, là-bas, au fond de la salle, se mit à bouleverser mon ventre... ça me soufflait dedans, du gris, du doux, du feutre comme sur la tête d'un Bogey vertueux.. ça me fit amoureuse aussi, d'un coup, d'un seul, mais de personne, juste de l'amour. C'est ça qui a fait que les paroles de cette chanson ont commencé à clapoter dans mon verre:


"You must remember this
A kiss is just a kiss,
a sigh is just a sigh.
The fundamental things apply
As time goes by...."


J'ai passé le reste de la nuit à vider la bouteille et a mangé cet air-là. Au petit matin, je me suis réveillée sur le zinc, la tête collée au bar et la main droite serrant encore mon verre vide. Rick, le patron m'a offert un café, une cigarette et un baiser fougueux. j'ai tout accepté sans broncher. Après je suis partie en titubant vers les quais et je me suis assise sur un tonneau qui ne détonnait pas, là. J'y suis restée des heures. Vers midi, un marin est venu me dévisager. Je me suis sentie nue, alors, je lui ai piqué sa veste. Il n'a pas réagi, a toussé, puis m'a dit: "Rick te cherche partout".


ça m'a plu qu'il me cherche. J'ai rendu sa veste au marin, lui ai tapé un sourire sur l'épaule et suis partie en direction de mon rafiot. J'avais d'autres amours à rêver, ailleurs.


As time goes by... même un matin de mercremanche qui sentait bon le pot au feu.

La gueule infernale


Jeremy Geddes

La gueule infernale
des Chorales d'Hybris
perce comme la salpinx
la cochlée des coeurs purs
Gueule de dinosaure
Gueule de hareng-saur
tu gueules gueules gueules
à leur vie ta morgue

Mais va!  gueule savante
gueule de murène
tu trompes trompes trompes
l'eustache
des coeurs purs
comme la putain
qui pleure
sans sa maman
dehors

Mais va! gueule d'esthète
 gueule de nains géants 
tu railles railles railles
les coeurs purs
dont la narine frétille
à gober les crachats
de ta béante gueule

O trompette d'Hybris
Ta geôle, le sais-tu,
est ta gueule dégueulante
de ta bouche
dégout

Les arbres, mes amours...




Hors de ma grotte, ce que j'aime, en plus du regard des chiens, ce sont les arbres. Pas vraiment les hommes ou leurs petits. Les arbres, mes amours. 

Si je le pouvais, je ferais comme Jacques, le fils de la ferme voisine de chez mes parents.

Enfant, il passait des journées entières dans les arbres. Ça me fascinait tant que j'en étais devenue amoureuse, juste à cause de ça, des arbres. Aujourd’hui, j'y pense encore.


Si l’on devait ne pas mourir




Sabin Balasa



Si l’on devait ne pas mourir
Mon amour, est-ce qu’on s’aimerait ?
Est-ce qu’on conjuguerait nos rires
Sur un futur qu’on rêverait ?


Toute une éternité à vivre
Sans issue, ni délai, ni but
Avec pour unique point de mire
Un présent à perte de vue.


Exit la douleur de l’absence,
L’angoisse du fatal dénouement,
Juste une danse de l’errance
Sans nécessité d’un onguent.


Si l’on devait ne pas mourir
Tu serais chien, je serais chienne
Et l’on s’accouplerait pour jouir
Sur les trottoirs de nos hygiènes.


L’éternité plus que la mort,
Inaccessible à nos consciences,
Comme sous les coups d’un matador,
Jouerait à tuer nos espérances.


Plutôt que vivre une vie sans fin
Je choisis celle qui s’achève
Je ne veux pas d’une vie de chien
Je veux t’aimer et qu’on en crève.